Des conseils ciblés et personnalisés dès l’adolescence

L’adolescence est une période particulière de la vie qui marque la transition entre l’enfance et le passage à l’âge adulte. Les nombreux changements physiques qui caractérisent la puberté sont issus de modifications du fonctionnement hormonal : ainsi, la régulation biologique du corps  évolue pour devenir progressivement celle d’un individu adulte. Les besoins psychologiques, physiologiques et nutritionnels évoluent en conséquence et, afin de réduire au maximum les « interférences » susceptibles de parasiter le bon déroulement biologique et psychologique de l’adolescence, voici quelques conseils à suivre autant que possible.

Je me protège

Les parties génitales (prépuce, lèvres génitales, muqueuses vaginales et anales) constituent des zones très sensibles aux infections. Ainsi, on dénombre un certain nombre d’Infections Sexuellement Transmissibles (IST) de gravité variable, potentiellement transmissibles chez l’homme : certaines sont bénignes et n’induisent pas de complications si elles sont dépistées (et traitées) assez tôt (c’est le cas de la plupart des inflammations des parties génitales: malgré l’atteinte dominante des muqueuses génitales, certains de ces agents microbiens parviennent toutefois à s’implanter et se développer dans d’autres zones muqueuses : anale ou encore pharyngée selon les pratiques sexuelles) d’autres évoluent malheureusement sur un modèle chronique (même en l’absence de signes cliniques au niveau des parties génitales), c’est à dire que le traitement n’apporte pas l’éradication de l’infection mais la stabilise (Hépatite B, VIH). Lorsqu’on suspecte une IST, des examens de biologie médicale sont indiqués : ils peuvent être réalisés sur le sang (prise de sang), sur l’urine, ou à partir d’un écouvillonnage des muqueuses lésées.

Les infections sexuellement transmissibles peuvent être évitées par l’usage du préservatif (qui constitue à la fois un moyen de prévention efficace contre les IST et aussi un moyen de contraception) mais aussi par la pratique de la vaccination (pour certaines d’entre elles : papillomavirus, Hépatite B).

Je m’informe à propos de la contraception

Il existe plusieurs moyens de contraception, le privilégié étant le préservatif (masculin), du fait de sa fiabilité, de sa facilité d’utilisation, et de la protection parfaite qu’il confère contre les IST.

La contraception oestro-progestative peut également être utilisée par les jeunes filles après 3 mois de relation avec le même partenaire, après avoir réalisé les tests sanguins de dépistage d’IST (planning familial, SDAG). Il existe différentes formes (patch, pilule, anneau) contenant des fractions hormonales (oestrogènes, progestatifs, oestro-progestatifs) en proportions et dosages différents (pilules normo- ou micro dosées). Le gynécologue prescrira celle qui convient le mieux. Il faut savoir que contraception orale et tabagisme ne font pas bon ménage ! Cette association multiplie par 20 (!!!) le risque de développer une maladie cardiovasculaire (par exemple une thrombose : formation de caillot de sang coagulé, souvent au niveau du mollet, mais aussi au niveau pulmonaire) pouvant obstruer les vaisseaux sanguins et nécessitant une hospitalisation en urgence.

La contraception d’urgence (NORLEVO) doit rester exceptionnelle et destinée aux rapports sexuels survenus « accidentellement » sans aucun moyen contraceptif. Ce médicament est en fait un concentré d’hormones oestro-progestatives à des doses tellement élevées qu’elle empêchera la fixation de l’embryon dans l’utérus, et provoquera de ce fait les effets indésirables très fréquents qu’on lui connait  (nausées, douleurs au ventre, saignements prolongées…). Bien que pris en charge par l’Etat lors d’une délivrance de Norlevo (anonymisée) pour mineures, cette contraception DOIT être utilisée PONCTUELLEMENT UNIQUEMENT.

D’autres moyens contraceptifs existent mais sont moins utilisés chez les jeunes adolescents (spermicides, implants, stérilets).

Bien dans son assiette

Manger équilibré et sainement est un moyen de prévention naturel, simple et efficace conseillé quotidiennement par les professionnels de santé afin de réduire les risques  cardiovasculaires qui peuvent être potentialisés par certains facteurs (diabète, obésité, excès de cholestérol dans le sang, tabagisme,…) et provoquer à long terme de sérieuses complications médicales.  Les grignotages sont à éviter autant que possible : ils provoquent des pics de glycémie  intenses à l’origine  d’une stimulation brutale du pancréas qui doit fabriquer de l’insuline afin de réduire l’hyperglycémie. L’insuline est une hormone lipogène : c’est-à-dire qu’elle favorise l’accumulation de graisses dans l’organisme (donc favorise le surpoids…) : plus on mange sucré, plus on accumule des lipides !! Des grignotages répétés dans la durée peuvent donc, après quelques années, favoriser l’apparition du diabète ou d’hyperlipidémie. Un bilan lipidique au laboratoire et un dosage de glycémie peuvent être réalisés à partir d’un prise de sang : la condition impérative est d’être à jeûn depuis au moins 10 heures (on a juste le droit de boire de l’eau). Ces examens de biologie médicale permettent de dépister l’apparition de ces pathologies métaboliques.

L’enjeu est tel qu’il a abouti à un projet politique : le PNNS (Plan National Nutrition Santé) en 2001 (reconduit en 2006 puis 2011) destiné à améliorer l’état de santé de l’ensemble de la population en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs : la nutrition.

Conseils pour optimiser son alimentation :

  • Au moins 5 fruits et légumes par jour sans effort
  • 3 produits laitiers / jour
  • 1 féculent à chaque repas
  • Limiter la consommation de sel
  • Limiter la consommation de sucre tout en restant gourmand
  • Viandes, poissons, œufs : 1 à 2 fois par jour
  • S’hydrater sans modération (avec de l’eau bien entendu…)

Un esprit sain…

Bien que considérée à notre époque comme un outil festif, la consommation d’alcool peut très vite devenir dangereuse, tant par l’addiction qu’elle peut susciter (et ses conséquences sociales) que par les effets délétères provoqués par l’organisme. Consommé régulièrement et en excès, l’alcool est extrêmement toxique pour le foie, pouvant provoquer de graves maladies (hépatite puis cirrhose alcoolique). Son absorption perturbe également le métabolisme. Pour l’illustrer :

1g de sucres : 4 kcal pouvant être utilisés pour l’effort physique, la réflexion, l’homéothermie.

1g d’alcool : 7 kcal stockés en graisses (non utilisable autrement !)

Au laboratoire, il est facile de détecter la consommation chronique d’alcool (= éthylisme chronique) du fait de la perturbation de certains paramètres biologiques divers et variés : protéines modifiées qualitativement (CDT : Transferrine carboxy déficiente) et quantitativement (GGT : Gamma Glutamyl transférase, fractions protéiques diverses…), taille des hématies (ou globules rouges), perturbation de l’activité hépatique…

La consommation de cannabis, bien que perçue sans risques majorés par rapport à la cigarette, a des conséquences insidieuses. Outre sa toxicité sur le cœur, la digestion et la reproduction (le canabis altère les spermatozoides !!!), elle conduit ses consommateurs souvent dans l’apathie : on parle de syndrome amotivationnel, conduisant à la désocialisation. La consommation de cannabis peut être un facteur déclenchant de pathologies psychiatriques « latentes » (paranoia, schizophrénie…).

Au laboratoire, il faut savoir que la détection de cannabis (et ses métabolites, c’est-à-dire le cannabis un peu modifié par l’organisme pour faciliter son élimination), s’effectue dans l’urine ou le sang.  Chez les fumeurs occasionnels (1 à 2 fois par semaine), la détection est positive dans l’urine pendant en moyenne 7 jours.

Non gérées, les consommations d’alcool et de cannabis peuvent interférer avec la personnalité de l’adolescent qui est en pleine construction. A éviter absolument en cas de doute  sur la gestion de sa consommation.

… dans un corps sain !

Le sport fait parti intégrante de l’histoire humaine. Depuis la nuit des temps, l’Homme est amené à fournir divers types d’efforts (ports de charges lourdes, travaux manuels, parcours de longues distances…). La pratique régulière d’un sport est donc inhérente au genre humain  et permet de maintenir l’organisme en pleine forme. En effet, pousser l’organisme à l’effort permet d’éviter un stockage excessif de glucides (la forme de réserve dans l’organisme s’appelle le glycogène) et  lipides (provenant de l’excès de sucres et graisses alimentaires) à l’origine du surpoids, et donc de réduire le risque de développer des maladies métaboliques et cardio-vasculaires.

Aussi, l’activité physique est un moyen de ressourcer son mental : ne le négligez pas !! En cas d’inefficacité devant ses leçons ou ses exercices de maths, le fait de « s’oxygéner l’esprit » (au sens propre et figuré : l’augmentation du rythme cardiaque implique une dilatation des vaisseaux sanguins et des bronches afin d’optimiser l’oxygénation des muscles et le cerveau) permet de revenir sur ses leçons avec un gain d’efficacité impressionnant dans la mémorisation et la compréhension !! De plus, après une activité physique, l’organisme synthétise des molécules dites « endorphines » (notre morphine biologique en quelque sorte) menant à un état de bien être qui aide à la relaxation et au développement de soi.

Après un effort physique important, on peut observer au laboratoire une augmentation importante des protéines issues du métabolisme musculaire : la CPK (Créatine Phospho Kinase) et la créatinine (produit de dégradation de la créatine qui entre dans la composition du muscle).

 

Pour résumer en mots clés : pour bien vivre son adolescence :

  • Alimentation équilibrée à heures régulières (éviter grignotages)
  • Proscrire les drogues dures (et douces si possible !)
  • Etre sensibilisé aux risques encourus par une consommation d’alcool et de drogues douces régulière, afin de savoir gérer son attitude vis-à-vis de ces produits
  • Etre sportif !
  • Notion de sexualité responsable : s’informer sur la contraception et les moyens de préventions des IST
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