Des tests biologiques pour le suivi d’une grossesse à risque

La grossesse est pour une femme un moment privilégié et c’est aussi une période où se succèdent les examens médicaux. Le suivi de la grossesse à risque est en France une des priorités de santé publique.

Qu’est-ce qu’une « grossesse à risque » ?

Une grossesse peut devenir à risque pour la santé de la mère et/ou de l’enfant, dans le cas par exemple d’une grossesse tardive (lorsque la mère a 38 ans à plus),d’une grossesse multiple (plusieurs grossesses vécues avec d’éventuels incidents) ou pour une patiente atteinte d’une maladie chronique comme le diabète.Une surveillance spécifique est nécessaire tout au long de la grossesse et après l’accouchement avec la prescription d’examens biologiques et d’échographies. Si ce suivi n’est pas correctement pris en charge, le bon développement du fœtus peut être impacté, un accouchement prématuré voire une fausse couche sont à craindre.La Haute Autorité de Santé définit les facteurs de risque suivant :

  • Des facteurs de risque généraux (notamment des facteurs individuels et sociaux ; un risque professionnel ; des antécédents familiaux) ;
  • des antécédents personnels préexistants gynécologiques ou non (notamment des antécédents chirurgicaux ; des pathologies utéro-vaginales) ;
  • des antécédents personnels liés à une grossesseprécédente (notamment des antécédents obstétricaux ou liés à l’enfant à la naissance) ;
  • une exposition à des toxiques (notamment à l’alcool, au tabac, aux drogues, à des médicaments potentiellement tératogènes) ;
  • des facteurs de risque médicaux (notamment diabète gestationnel, hypertension artérielle gravidique, troubles de la coagulation)
  • des maladies infectieuses (notamment toxoplasmose, rubéole, herpès génital, syphilis) ;
  • des facteurs de risque gynécologiques et obstétricaux (notamment cancer du sein, hématome rétro-placentaire, incompatibilité fœto-maternelle).

Pour chacune des situations à risque identifiées au cours de la grossesse, un type de suivi ou une demande d’avis a été recommandé. (Pour plus de détails, consultez le tableau de recommandation de suivi de l’HAS).

A quel moment déterminer le niveau de risque ?

Il y a plusieurs étapes clés dans l’identification du niveau de risque. La première se déroule idéalement avant la grossesse, dans le cadre du suivi gynécologique de la femme quand elle exprime son désir de grossesse (principe d’une consultation pré-conceptionnelle). Ensuite, avant 10 semaines d’aménorrhée, lors de la première consultation du suivi de grossesse.  Le niveau de risque est ensuite à surveiller tout au long de la grossesse, jusqu’à la consultation du 9e mois.

Les examens biologiques par prise de sang permettent notamment de :

  • Connaître le groupe sanguin. Un rhésus négatif signifie que la maman peut développer des anticorps contre son bébé si celui-ci est rhésus positif, dans le cas d’une seconde grossesse, d’une fausse couche ou d’une interruption volontaire de grossesse.
  • Vérifier la présence d’anticorps protecteurs contre des infections comme la toxoplasmose, ou la rubéole. L’absence d’anticorps signifie que la maman n’est pas protégée. Dans le cas de la toxoplasmose, une prise de sang doit alors être effectuée tous les mois pour s’assurer que la mère n’a pas contracté la maladie. Dans le cas de la rubéole, une surveillance accrue sera établie pendant la grossesse si la mère n’a jamais été vaccinée.
  • Dépister les infections sexuellement transmissibles telles que la syphilis, le virus du SIDA qui se transmettent de la mère à l’enfant et sont responsables de graves conséquences sur le fœtus.
  • Vérifier la numérotation formule sanguine et la vitesse de sédimentation, pour vérifier le bon fonctionnement des globules rouges et des globules blancs et prévenir une anémie.
  • Dépister le diabète gestationnel par la mesure du taux de sucre dans le sang.
  • Dépister la trisomie 21 par l’étude des marqueurs sériques maternels : au premier trimestre ou au second trimestre.

Les membres du réseau APBM proposent différents tests innovants comme le dépistage prénatal non invasif à partir de la 12ème semaine d’aménorrhée afin de dépister les trisomie 21,13 et 18 à partir d’une simple prise de sang et dans le cadre de l’allo-immunisation fœto-maternelle le génotypage fœtal Rhésus D.

Indépendamment des grossesses à risque, rappelons que toutes les grossesses doivent faire l’objet d’un suivi régulier avec des consultations obstétriques, des examens biologiques et des échographies à effectuer à des moments clés. Voir notre article « Quelles analyses quand je suis enceinte ? ».

 

 

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