Séropositivité : vivre avec la maladie

Séropositivité : vivre avec la maladie

 

Une personne séropositive vit avec le virus du sida, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH),

sans avoir pour autant développer la maladie et présenter de symptômes sérieux. Son quotidien n’est cependant pas celui du reste de la population, car parsemé de précautions à prendre, de traitements lourds et de combats constants. L’objectif premier est de tenir le virus en échec le plus longtemps possible, afin de prolonger la vie. Le deuxième, tout aussi important, est de prévenir à tout prix la transmission – que ce soit à un partenaire, ou un enfant.  Une lutte de tous les jours contre une maladie qui fait encore peur : les séropositifs doivent faire face à l’incompréhension de certains, aux condamnations des autres, à l’isolement surtout. 

 

Transmission

Le VIH est présent dans tous les liquides biologiques, mais seuls 5 peuvent le contenir en quantité suffisamment importante pour présenter un risque de contamination :

  • le sang ;
  • le sperme ;
  • le liquide pré-séminal (liquide qui s’écoule du sexe de l’homme avant l’éjaculation) ;
  • les sécrétions vaginales de la femme ;
  • le lait maternel.

Il ne se transmet donc pas par la transpiration, la salive, les piqûres de moustique…même entre plaies ouvertes cela reste plus qu’improbable, d’autant plus que le VIH ne survit pas à l’air libre. Par ailleurs, les liquides biologiques infectés doivent être en contact avec une muqueuse (ex : rectale, vaginale, buccale) pour qu’il y ait transmission.

 

 

Symptômes et dépistage

Outre la possibilité d’une poussée de fièvre, d’un rash cutané et de maux divers dans le mois qui suit la contamination, le VIH ne provoque pas de symptômes particuliers. Comme ces symptômes ne lui sont d’ailleurs pas spécifiques et ressemblent à ceux d’une grippe classique, il est difficile de les attribuer ou non à ce virus.

D’où la nécessité de consulter un médecin qui pourra orienter le patient ou de faire un test de dépistage : plus vite l’infection est connue, mieux elle sera traitée. Pour le diagnostic, un prélèvement sanguin est suffisant, qu’il soit réalisé dans une structure médicalisée (laboratoire de biologie, hôpital, Centre Gratuit d’Information, de Dépistage et de Diagnostic, … ) ou chez soi, grâce à un autotest vendu en pharmacie, dans les cas douteux ou positifs, un contrôle au laboratoire de biologie médicale sera indispensable.

 

Vivre avec le virus 

Bien que le virus ne puisse actuellement être éliminé, ce qui exclut toute guérison, il est possible d’enrayer son développement grâce à des traitements qui permettent aux séropositifs de mener une vie presque normale. En dépit de leurs effets secondaires parfois lourds et des échappements thérapeutiques, les trithérapies (association de trois molécules anti-VIH) ou multithérapies se révèlent ainsi suffisamment puissantes pour maintenir le virus en échec et l’empêcher d’atteindre son dernier stade : celui du sida (syndrome de l’immunodéficience acquise). Dans tous les cas, les traitements doivent être adaptés au cas spécifique de chaque patient. Ils permettront de cette manière aux séropositifs de ne pas contaminer leur partenaire, et de rendre quasi-inexistants les risques de transmission mère-enfant.

Cependant, les préjugés sont tenaces, et les séropositifs ne trouvent pas toujours facile de s’ouvrir à leurs proches. L’image de la séropositivité chez les femmes est ainsi souvent associée à la prostitution et la toxicomanie, celle chez les hommes à l’homosexualité. Or bien que ces populations soient particulièrement à risques, elles n’ont pas le monopole du virus. Les migrants sont par exemple très vulnérables, particulièrement ceux qui viennent de l’Afrique subsaharienne, alors même que leur situation précaire rend le dépistage et l’accès aux soins plus compliqué. En outre, que ce soit pour les migrants ou pour d’autres catégories de la population, suivre son traitement en situation d’isolement géographique par rapport aux associations et hôpitaux peut relever du parcours du combattant.  

 

Du côté des laboratoires : leur rôle dans la recherche sur le VIH/Sida

En 2015, 5,4 millions de sérologies VIH ont été réalisées par les laboratoires de biologie médicale (de ville ou hospitaliers)[1] . Cela représente les trois quarts de sérologies de cette année-là. Les laboratoires sont donc au cœur du processus de dépistage du VIH. Mais leur rôle va au-delà encore :  la contribution de certains d’entre eux à la recherche fondamentale et clinique sur le VIH/Sida, ainsi qu’à l’amélioration des traitements, est en effet loin d’être négligeable.

 

Comme le rappel la revue américaine Science de juin 2018, intitulé « Far from over » le Sida n’a pas disparu et il est important de rappeler aux jeunes et aux personnes à risque que la prévention contre toutes les IST (Infections sexuellement Transmissible) doit rester une priorité absolue

 

 

[1] Cazein F, Le Strat Y, Sarr A, Ramus C, Bouche N, Pillonel J, et al. Dépistage de l’infection par le VIH en France, 2003-2015. Bull Epidémiol Hebd. 2016;(41-42):745-8. http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2016/41-42/2016_41-42_2.html

 

Contribution Mr Alain Le Meur.

 

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