Le virus Zika : un virus émergent

Le virus Zika, identifié pour la première fois en 1947, est transmis principalement par des moustiques du genre Aèdes. Ces moustiques transmettent également la dengue, le chikungunya et la fièvre jaune. La transmission du virus Zika par voie sexuelle est également possible. On enquête actuellement sur d’autres voies de transmission (transfusions sanguines par exemple).

En 2013 on dénombrait 9000 cas de patients infectés en Polynésie avec une forte corrélation avec la maladie neurologique de Guillain-Barré

La première grande flambée de maladie à virus Zika a été notifiée sur l’île de Yap (États fédérés de Micronésie) en 2007. En juillet 2015, le Brésil a signalé un lien entre l’infection à virus Zika et le syndrome de Guillain-Barré. En octobre 2015, il a aussi signalé le lien avec la microcéphalie fœtale. En février 2016, l’Amérique du Sud et les DOM-TOM ont connu une véritable épidémie avec 1,5 millions de personnes touchées : l’OMS avait d’ailleurs déclaré un état d’urgence et le diagnostic biologique du Zika fut pris en urgence en charge par la sécurité sociale.

C’est au détour d’un voyage en Amérique, au Brésil ou USA par exemple que l’on peut contracter la maladie. A Puerto Rico par exemple, on estime à 5% le taux de la population infectée.

Les sujets atteints peuvent présenter des symptômes comme la grippe, une fièvre modérée, une éruption cutanée (exanthème), une conjonctivite, des douleurs musculaires et articulaires, un état de malaise ou des céphalées. Normalement, ces symptômes disparaissent en 2 à 7 jours. Les formes plus graves sont de forme neurologique (Guillain Barré) ou de type microcéphalie chez les fœtus en cas d’infection en cours de grossesse (transmission foetomaternelle).

L’infection à virus Zika est évoquée sur la base de ces symptômes et/ou des antécédents récents de voyage (par exemple le fait d’habiter ou d’avoir séjourné dans une région où l’on sait que le virus est implanté). On compte environ 70 pays présentant des cas de transmissions de Zika.

Le diagnostic ne peut être confirmé que par des analyses de laboratoire du sang ou d’autres liquides biologiques, comme les urines, la salive ou le sperme : recherche directe du virus et/ou recherche des anticorps correspondants.

Dans les régions de transmission active du virus Zika, toutes les personnes contaminées par le virus et leurs partenaires sexuels (en particulier les femmes enceintes) doivent être informées des risques de transmission sexuelle.

Comme pour le virus Ebola il y a deux ans, la communauté internationale en Santé cherche une vaccination à la fois efficace et sécurisée mais cela sera long et chaotique. Une quarantaine de vaccins sont en cours de tests.

Des essais récents notamment sur le couple dengue-zika étaient prometteurs

La Coalition for Epidémic Préparadness Innovations (CEPI.net) qui regroupe les fondations Bill et Melinda Gates Fondation, les états Unis, l’Inde et la Norvège ont déployé des projets ambitieux de développement de la vaccination, de la prévention et aussi de la lutte contre le moustique Aèdes aegypti, vecteur de nombreuses maladies subtropicales.

Ce type de virus et d’infections émergentes avec des épisodes épidémiques nécessite des techniques de diagnostic biologique et montre bien le rôle des laboratoires de biologie médicale en santé publique, y compris dans la gestion des urgences et des épidémies avec des mises en place de technique ultrarapides.

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